Retour sur le projet d’immersion scientifique co-organisé par l’École Nationale d’Architecture d’Agadir et la Direction Régionale du Département de la Culture de la région Drâa-Tafilalet, autour du thème “Architecture en terre et patrimoine oasien au Maroc : Identification, Documentation et Conservation”, conduit au Centre Culturel de Rissani.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre des programmes pédagogiques de terrain de l’ENA Agadir, permettant une mise en situation réelle des étudiants au contact d’un patrimoine architectural vivant d’une exceptionnelle richesse. Le territoire de Drâa-Tafilalet, héritier d’une longue histoire urbaine et traversé par des siècles de commerce, d’agriculture et de sédentarisation, a constitué un terrain d’investigation particulièrement éloquent pour explorer les enjeux contemporains de la conservation du patrimoine oasien marocain.
Du 02 au 05 avril 2026, un groupe d’étudiants de l’ENA d’Agadir a bénéficié d’une série d’ateliers scientifiques ainsi que d’activités de terrain. Ces travaux, co-animés par Madame Ameziane Asma et Monsieur Azzab Zakaria, représentants de la Direction régionale du Département de la Culture de la région Drâa-Tafilalet, ainsi que par Madame Mekrini Soukaina et Madame Lachir Asia de l’ENA Agadir, ont permis aux étudiants d’explorer plusieurs dimensions complémentaires et imbriquées : la lecture typo-morphologique du bâti traditionnel (ksour, kasbahs, maisons à patio, systèmes défensifs) dans ses logiques constructives, spatiales et ornementales ; les facteurs de dégradation, naturels et humains, qui menacent ce patrimoine ; les principes et les défis de la conservation et de la restauration, notamment la réversibilité des interventions et le recours aux maâlems comme acteurs incontournables de l’entretien ; et enfin les tensions contemporaines entre tourisme, introduction de nouveaux matériaux, complexité foncière et enjeux d’authenticité.
Ces échanges ont mis en lumière une question fondamentale que tout architecte intervenant sur ces territoires doit se poser: comment préserver l’identité constructive locale face aux pressions d’une modernité qui emprunte souvent un langage venu d’ailleurs ?
En croisant approche académique et expertise patrimoniale territoriale, cette expérience a offert aux étudiants une immersion concrète dans des problématiques contemporaines de conservation et de valorisation.






